Après la défection de Young Poli (l'état du
terrain était invoqué), la voie semblait dégagée pour Mandali dans la
Grande Course de Haies de Cagnes. Tout en courant correctement, l'élève
de Jean-Paul Gallorini, sous 72 kilos, a dû s'incliner face à
l'étonnant Pibrac.
Disputée à une allure modérée - mais raisonnable compte tenu de
l'état de la piste -, pendant un tour, la course a pris une toute autre
physionomie au deuxième passage des tribunes, lorsque Bastien Bénard, partenaire
du favori, Mandali, a choisi de prendre les choses en main,
s'assurant aussitôt plusieurs longueurs d'avance, on a pu penser que le fils de
Sinndar allait refaire le même numéro que lors de son succès du
21 décembre. Mais comme le signale son jockey, “il en a trop fait à
ce moment-là. Dans ce terrain très pénible et avec ce poids, il est normal qu'il
le paie pour finir. De plus, le gagnant nous a passés avec une telle facilité,
qu'il a écœuré mon cheval”. Dès lors, Phil Carberry, partenaire de Pibrac, n'a plu qu'à s'appliquer à assurer les deux dernières haies
et filer au poteau dans la plus parfaite décontraction. Un Pibrac, il est vrai, que l'on n'attendait pas à pareille fête si
l'on s'en tient au résultat de leur dernière confrontation commune. Ce jour-là,
il avait dû concéder pas moins de onze longueurs à Mandali. Bien
évidemment satisfait par la démonstration de son élève, François Cottin, qui
doublait la mise dans cette épreuve après le succès de Grivette l'an passé, avouait quelques doutes avant l'épreuve : “Il n'avait
jamais fait une telle distance et le terrain pénible n'est pas trop sa tasse de
thé. Cela dit, ce n'est pas le lourd d'Auteuil. Il est en progrès et régulier.
Il vieillit bien et sans doute pourra-t-il obtenir de biens meilleurs résultats
dorénavant sur la butte Mortemart.” Encore très attardé dans la ligne d'en
face, Mercelino, troisième, est à créditer d'une remarquable fin
de course. Tony Foucher, qui lui était associé, invoque le changement de
tactique : “On avait décidé de le monter sans prétentions, en le
laissant, contrairement à son habitude, se faire emmener. Quand il a commencé à
passer des chevaux, cela lui a donné du moral et il a terminé en bolide. C'est
une expérience qu'il faudra renouveler…” Auteur également d'une fin de
course percutante, le nageur Kerlouedec, malgré sa relative
inexpérience sur les obstacles, prend une bonne quatrième place devant Imperial Secret qui n'a pu renouveler sa performance d'il y a deux
ans.